Déclaration de principes

MAÇONNERIE TRADITIONNELLE MIXTE ET LIBRE

La Maçonnerie Traditionnelle Libre, à laquelle adhèrent les Soeurs et Frères de la Loge Nationale Mixte Française, est définie par la déclaration de principes ci-dessous qui a été adoptée à l’unanimité en tenue de Loge Nationale le 14 mars 2015.

Nous, Sœurs et Frères de la Maçonnerie Traditionnelle Mixte et Libre, œuvrant au sein de la Loge Nationale Mixte Française (LNMF), affirmons notre attachement aux principes suivants et nous engageons à les maintenir parmi nous :

Article I

La franc-maçonnerie est de nature spirituelle et traditionnelle. Fondée sur la foi en Dieu, le Grand Architecte de l’Univers, elle vise à la transformation initiatique de ses membres par la réception du message de Lumière et d'Amour que, depuis son origine, la tradition maçonnique a identifié à l'Evangile de Jean, et par la pratique rigoureuse des usages, des rites et des cérémonies maçonniques.

C’est pourquoi la franc-maçonnerie doit bannir avec une extrême rigueur de ses Loges, sous peine de manquer à sa mission fondamentale, tout ce qui est contraire à ces définitions. Elle doit notamment se refuser à toute activité dans le domaine politique, social, économique et financier, ce qui est une source abondante de mésentente et de conflits entre ses membres.

Les Loges s’interdiront tout exposé et tout travail sur ces sujets et leurs membres s’abstiendront de toute conversation de ce genre lors des réunions maçonniques quelles qu’elles soient.

Cultivant la modération et la courtoisie, les Maçons se doivent également d'observer une grande décence dans leurs propos et de s'abstenir de tout excès susceptible de modifier et d'altérer leur comportement.

Article II

L'entraide a toujours été une des grandes règles de la franc-maçonnerie. Elle exige cependant d'être exercée avec beaucoup de discernement. Elle doit notamment se limiter aux services qui allègent les difficultés réelles que rencontrent les uns et les autres au cours de leur existence et ne jamais devenir une sorte d'association matérielle ou de complicité pour le profit.

Article III

La bienfaisance est aussi un des buts les plus anciens de la franc-maçonnerie. Elle se distingue de l'entraide en ne se limitant pas aux membres de l'Ordre. Elle est pratiquée soit par les Loges, soit individuellement par leurs membres.

Article IV

Parmi les dangers qui menacent la vie initiatique des Loges, la recherche des honneurs doit certainement être considérée à l’égal des plus graves. La hiérarchie qui est une des structures naturelles de la franc-maçonnerie peut en effet tenter des Maçons plus soucieux d’apparence que de réalité, plus désireux d’exercer une autorité illusoire que d’assumer pleinement des charges et des responsabilités.

Il faut reconnaître par ailleurs que la place importante que prennent nécessairement des Maçons compétents, actifs et dévoués est un autre péril, car ces derniers habituent les membres des Loges à la facilité et leur succession devient d’année en année plus difficile.

C’est pourquoi nous estimons que le changement de Vénérable chaque année dans les Loges est une pratique à recommander vivement, si les circonstances et la situation de la Loge le permettent. Il est également souhaitable que le futur Vénérable ait occupé les différents postes des filières propres à chaque rite. Les aptitudes de tous peuvent ainsi apparaître clairement et les listes des Officiers à élire chaque année ne doivent être établies que dans le seul intérêt de la Loge et du rite, et jamais dans un esprit de complaisance ou de concession à une vanité trop humaine. Il n’y a d’ailleurs pas d’exemple qu’un Frère ou une Sœur, désirant servir la Maçonnerie, ne puisse y parvenir pleinement dans la limite de ses capacités.

Article V

Les Loges sont dirigées de façon collégiale par les Maîtres Maçons réunis en Conférence de Maîtres, limitée aux seuls membres actifs. La plus large unanimité est toujours recherchée.

Les Apprentis et les Compagnons ne sont jamais associés ou mêlés aux décisions à prendre ni aux discussions qu’elles suscitent.

Article VI

Les initiations et les affiliations ne sont décidées qu’à l’unanimité, ce qui signifie que chaque membre d’une Loge dispose d’un droit d’opposition pour des motifs sérieux et légitimes. On ne doit pas permettre en effet qu’une Loge soit troublée par l’admission d’un nouveau membre contre le gré d’un membre plus ancien. Si la répétition ou le nombre de ces oppositions crée une crise au sein d’une Loge, une issue possible est la création d’une nouvelle Loge, ce que tous doivent faciliter dans un climat de conciliation.

Ces initiations et ces affiliations devront être précédées de la plus large publicité maçonnique permise par les circonstances, ces actes importants devant être accomplis au su de tous en toute clarté et loyauté.

D’une façon plus générale, on ne perdra pas de vue que l’association maçonnique étant fondée sur la libre cooptation et la coexistence paisible et harmonieuse, aucune règle supérieure à celles-ci ne saurait imposer à des membres, séparés momentanément ou durablement par des antipathies ou des incompatibilités, de continuer à se fréquenter dans la même Loge. Cette situation, profondément regrettable certes, mais qui se rencontre malheureusement parfois, compromet en effet tout travail initiatique et toute évolution heureuse des uns et des autres. On devra dans ce cas s’efforcer de parvenir d’un commun accord à des essaimages ou à des changements d’appartenance ce qui, en supprimant dans l’immédiat des causes de frictions, sera aussi un moyen sûr de rétablir dans l’avenir des relations plus normales et plus satisfaisantes.

Article VII

Les augmentations de salaire sont de la même façon décidées à l’unanimité. Les candidats doivent avant tout avoir fait preuve d’assiduité et montré leur instruction maçonnique, leur ancienneté dans un grade étant une donnée secondaire par rapport à la qualité de leur engagement. Leur conduite doit être, à tous égards, irréprochable.

Article VIII

Constatant que le pluralisme des rites est une réalité maçonnique qui doit être admise. Nous pensons qu'à travers ce pluralisme des rites une recherche initiatique méthodique et prudente doit permettre de retrouver l'essence traditionnelle de la Maçonnerie, ce que nous développons au sein de nos Loges d’Etude et de Recherche, l’instruction maçonnique et la connaissance approfondie des sources de la franc-maçonnerie étant des préoccupations essentielles de la LNMF.

Les rites ne s'excluent pas, ils se complètent. Un Maçon peut pratiquer plusieurs rites mais il faut dans ce cas qu'il s'abstienne soigneusement de les mêler par ignorance ou par un désir irréfléchi de bien faire.

Nous nous sommes attachés historiquement aux rites suivants, dans le respect absolu de leurs textes fondamentaux, placés sous le contrôle du Collège des Fondateurs:

  • Rite Moderne Français Traditionnel (selon des textes français des XVIIème et XVIIIème siècles et de vieux textes anglais, écossais et irlandais, dont le plus ancien actuellement connu remonte à 1696).
  • Rite Anglais Style Emulation (issu en Angleterre de l'Union de 1813).

En outre, les Loges pratiquent annuellement la cérémonie d’Installation secrète du Maître de Loge, comme un vénérable et ancien usage du Métier.

Chacun de ces rites comporte un ou plusieurs grades complémentaires qui sont conférés dans des organismes distincts des Loges symboliques et de leur fédération, et dotés d’une administration spécifique.

Article IX

De même, la diversité obédientielle nous semble une donnée irréversible de la tradition maçonnique française dont tous les francs-maçons, quelle que soit leur appartenance, sont les héritiers. Nous ne considérons pas ce pluralisme comme un champ de concurrence ni comme une occasion de querelles. Ouverts à la différence et soucieux de partager, nous souhaitons au contraire occuper notre place dans le paysage maçonnique en préservant notre identité et nos principes, dans le respect des obédiences qu’animent les mêmes sentiments et dont les membres sont dès lors fraternellement accueillis dans nos Loges.

Article X

Le premier devoir de tout Maçon est le travail. C’est pourquoi les membres de toutes les Loges de la LNMF s’engagent à préparer soigneusement les Tenues en fonction de leur ordre du jour, prévu dès le début de l’année maçonnique.

Dans le même esprit, la pratique exacte du rituel est un des éléments fondamentaux de la vie maçonnique. Elle suppose en particulier, de la part des Officiers, le bon accomplissement de leur fonction symbolique. Ils ont le devoir d’acquérir une connaissance sérieuse de leur rituel dont la lecture régulière et réfléchie, outre qu’elle leur apportera des aperçus toujours nouveaux sur les leçons que la franc-maçonnerie nous adresse, leur permettra ainsi d’en mieux maîtriser la pratique.

Article XI

C’est dans le cadre strict des Rites et des rituels définis par la LNMF que se situe le travail de ses Loges, et aucune référence à d’autres Rites, ni à d’autres pratiques obédientielles, ne peut être envisagée.

De même, la pratique des grades complémentaires est un des objectifs des membres de la LNMF, au sein des organismes appropriés, et la présence de ces grades, complément naturel et nécessaire de la maçonnerie symbolique, est ostensible en son sein.

Article XII

Tout membre actuel ou futur de la LNMF est donc supposé accepter sans réticence tous les principes énoncés ci-dessus, et s’engage à ne pas y porter atteinte, sauf à devoir reconsidérer son appartenance ou à se voir légitimement refuser son initiation ou son affiliation.

Article XIII

Enfin, sans prétendre à une quelconque filiation historique ni revendiquer la moindre préséance, mais pour témoigner de notre souci de nous inspirer d’une longue et vénérable tradition, nous avons adopté des armes s’inspirant de celles accordées en 1472 à la Compagnie des Maçons de Londres et reprises plus tard par la première Grande Loge de Londres créée en 1717, ainsi que la devise de ladite Compagnie en 1677 : « In the Lord is all our Trust », « Nous plaçons toute notre confiance dans le Seigneur », ce qui doit s'entendre dans tous les sens, et notamment dans le sens tiré de la tradition biblique, en se souvenant que l'Eternel sur le Sinaï guida Moïse en lui donnant tous les plans du Tabernacle, qui devait lui-même être le modèle du Temple élevé à Jérusalem sous les ordres du Roi Salomon, avec l'aide du Roi Hiram de Tyr et le précieux concours d'Hiram Abif.